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En deux ans, la capitale du sud du Viet Nam, citée comme capitale économique, ne faillit pas à sa réputation de cité à forte croissance économique et démographique, pour incarner la vitrine moderne d'un pays qui n'a pas peur de faire affaire avec les plus grands investisseurs étrangers du monde ! Elle chante le capitalisme éffréné, consomme comme une cigale, mais prépare aussi son avenir comme la fourmi. A Sài Gon, un autre visage urbain est en train de se construire, mais ne manque pas au détour d'une rue, ou même stationnant sur les Champs Elysées saigonnais comme cette Dedeuche d'un autre temps, de receler encore des joyaux du passé, qui offrent un charme si particulier à cette ville. Ici tout le monde cite Sài Gon au lieu de Ho Chi Minh Ville, par envoûtement...
LE CHANGEMENT URBAIN

Le temps des buildings est venu, et lors de nos promenades dans les differents quartiers de Sài Gon, nous regardons avec nostalgie prématurée des façades anciennes, de la période coloniale française, qui risquent d'être remplacées par des tours en verre ! Mais parfois il y a des propositions architecturales heureuses qui mêlent intelligemment l'ancien avec le nouveau, comme ce bâtiment colonial qui s'est vu prolonger d'un building en verre...

La rue Catinat est ombragée, agréable aux promenades, et offre quelques monuments art décoratifs intéressants comme l'hôtel Majestic. D'autres hotels célèbres comme le Continental ou le Ritz jalonnent encore cette rue.

C'est dans ce district que vit ma grande famille, le quatrième arrondissement était le centre autrefois généalogique mais aujourd'hui dispersé, des DANG. En 1998, lors de mon tout premier retour au Viet Nam avec Jaime, exactement 20 ans après, cet arrondissement avait la terrible réputation d'héberger la racaille en tout genre de Sài Gon au milieu des artisans et des commerçants grossistes ! Il y avait des maisons sur pilotis dans ce petit bras du Mé Kong, qui servait aussi de voie de navigation aux marchandises. La criée était à côté de la maison de mes oncles, ainsi que l'embacadère des fruits et des légumes. Ici il y avait toujours des odeurs très fortes qui, au gré des coups de vent, vous faisaient retourner l'estomac !

Aujourd'hui il n'y a plus de maisons sur pilotis, l'état a délogé et indemnisé toute la faune sauvage qui a gouverné sur les berges, les bidonvilles furent rasées. Ironie du sort, l'état veut faire aujourd'hui du quatrième arrondissement le lieu de la cité moderne, avec des logements en condominium, l'arrondissement des très riches vietnamiens, car ici le mètre carré est l'un des plus chers de l'Asie, égal avec le Japon et Bangkok ! Celui ou celle qui n'est pas revenu sur la rue Ben Van Don, celle de mes oncles et tantes, depuis 4 ou 5 ans, ne reconnaitra plus rien !
LE REFUGE
La ville, le bruit, la pollution...l'envie de refuge, dans un café sympa, climatisé, avec de bons gâteaux et de bons fauteuils, le temps de sécher...
Le visage de l'exotisme s'est modernisé, même si ses éléments profonds existent toujours.
LA FAMILLE : VIVRE LES GENERATIONS

L'autel des mes grands parents est chez mon oncle numéro 10 : oui c'est ainsi que nous appelons les oncles et les tantes au Viet Nam, selon leur rang de naissance dans la famille. On commence par le numéro 2, car le numéro 1 est réservé aux parents ! Ainsi très naturellement, ici, pour me nommer, ma famille m'appelle le fils du numéro 6, le rang de naissance de mon père ! Quand je vais au marché avec mes tantes, en s'appelant ainsi par nos rangs, les gens savent tout de suite les liens de parenté et l'ordre de parenté que nous avons ! C'est parfois pratique quand on a du mal à retenir les prénoms vietnamiens ! Et puis ici, on ne s'appelle pas par son prénom, c'est très impoli ! On ne le fait que si nous sommes estimés par les autres être de rang très élévé : là on peut même se permettre de dire "je" et "tu" !

J'ai une tante, la 7, qui est cartomancienne (celle qui est assise à gauche), avec une réputation assez solide. C'est un don ! Au Viet Nam, l'univers des prédications ou du surnaturel n'est jamais pris à la légère : les gens croient aux fantômes, et il y a toujours une "histoire vraie" sur les fantômes que chacun raconte ! La dernière ? Ma cousine, qui est la première fille de mon oncle numéro 10, qui vient d'avoir un petit bébé de 2 mois, refuse tous les soirs à un couple de fantômes l'enlèvement de ce dernier : elle est obligée d'arracher des mains des fantômes pour garder son fils ! Gloupst ! L'autre croyance est le signe astrologiquequi est un vrai sujet de conversation intarrisable : mes oncles et tantes me redemandent toujours ma date de naissance quand je reviens au Viet Nam pour mieux me décrire la feuille de route de mon avenir ! Combien de fois il faut ranger sa garde-robe car cette année par exemple je ne dois pas porter de blanc !
EPILOGUE
Et vous connaissez la suite..Voici un commentaire éclairé de la situation politique de l'après présidentiel par Pierre, un ami :
"Sujet : Foutriquet's
O, nobles voyageurs: sachez d'abord que la cuisine du Fouquet's, tant
vantée par notre Foutriquet's, ça n'est pas ça. Je me souviens d'un
tartare parfaitement hors de prix qui ne valait pas celui du Narval à
Levallois, maison qui, quoique située en terre sarkozienne, (Balkany
étant maire) reste honnête, sinon prolétarienne. En fait, le Fouquet's
représente dans l'imaginaire de notre Naboléon le lieu vulgaire de tous
ses appétits. Publicitaires à la mâchoire de dogues, semi-maquereaux à
gourmette, michetonneuses de tous âges bronzées toute l'année et
margoulins d'obédiences variées. Il est extrêmement intéressant de le
voir pointer ce lieu sur sa "carte du tendre" personnelle. C'est une
sorte de résumé de sa tendance "culturelle". Esbroufe, esthétique du
luisant et du clinquant, veulerie d'une conversation se résumant aux
affaires et aux ragots.
Ensuite: c'est plus grave qu'on ne le croit.Cette vulgarité n'est pas
vraiment consubstantielle à sa seule personne. Je pense en effet que
cet homme là est moins une personnalité ferme et construite (voyez
comme il fait des efforts pour convaincre le monde du contraire) qu'un
sorte de lieu de rencontre d'airs du temps (de "souffles" comme on
l'entendait jadis, indéterminés, et, de par leur indétermination
dangereuse, opposés à l'Esprit). Ce point de vulgarité n'est pas
simplement risible. Cet homme n'est pas un politicien comme les autres.
Son ambition profonde ("deep", mot anglais comportant une dimension
inconsciente, qui me parait plus approchant que le mot français
"profond") est de façonner les lesFrançais sur son propre modèle. Bien
sur, il n'est pas du tout certain qu'il y arrive. Mais il y a derrière
la révolution "libérale" au sens prosaïquement économique et social
qu'il nous promet une révolution culturelle que son être tordu désire
frénétiquement. Allez donc vous promener sur le site de Michel
Onfray-entretien avec sarko- (Onfray qui n'est pas ma tasse de thé);
vous y découvrirez bien des choses qui font méditer... Et la première
de celles-ci: un homme qui déclare que la phrase de Socrate "connais
toi toi-même" lui parait "totalement absurde" est non pas un crétin
comme les humanistes moyens pourraient le croire, mais un homme d'une
fidèlité...profonde. A quel néant caché?
ces affreuses choses dites, profitez d'un beau pays, et revenez vite.
Nous ne serons pas de trop à résister. Bises. Pierre."